Analyse de La chambre des officiers

La chambre des officiers est une œuvre écrite par Marc Dugain durant l’année 1998. C’est un roman historique tout au moins dans son inspiration et personnel. Le narrateur est un jeune ingénieur, Adrien Fournier qui est réquisitionné et part à la guerre en 1914. Peu de temps après, il devient une gueule cassée. Ce qui signifie qu’il avait perdu ses lèvres, son odorat, ses dents, son palais suite à un éclat d’obus. Le narrateur nous raconte dans ce livre l’histoire de son grand-père.

Un hommage aux gueules cassées

À travers l’expérience et le destin tragique de son grand-père, l’auteur veut rendre hommage à tous les combattants qui ont été gravement mutilés et qui ont dû réapprendre à vivre ainsi. Au-delà de ce handicap qui bouleverse toute une vie, on retrouve une description du climat qui régnait durant la Grande Guerre et les conditions atroces dans lesquelles se sont battus des millions d’hommes. Même si les évènements ne sont pas décrits de manière « scientifique » on retrouve tout de même les conditions horribles qu’ont connues les soldats. La guerre apparait en permanence comme en filigrane sans vraiment mettre de mots précis dessus. C’est aussi à travers cet homme l’histoire de la quête d’identité et du regard des autres. Affreusement mutilé, Adrien doit retrouver une vie sociale, mais auparavant il doit déjà apprendre à s’accepter tel qu’il est devenu, ainsi qu’à gérer sa nouvelle apparence physique. Le regard des autres sur lui est très important dans cette reconstruction. Il vivra cette première expérience avec la visite de l’un de ses amis à l’hôpital à Paris où il a été amené. Bonnard, quand il le voit, ne le reconnait pas, et détourne la tête pour regarder les autres blessés, espérant probablement le retrouver parmi eux. Il revient alors vers lui effaré de ce qu’il découvre. Cette phrase du livre résume très bien les sensations que le narrateur et son visiteur ont pu éprouver à ce moment : « C’est le moment que choisit Bonnard pour entrer dans la pièce, main droite dans la poche. Je m’étonne qu’on l’ait autorisé à venir jusqu’à moi et j’imagine que c’est là un traitement de faveur qui cessera lorsque le nombre m’aura replongé dans l’anonymat. Il me voit le premier, détourne son regard
pour s’approcher des autres blessés dont il scrute le visage, s’immobilise, se retourne à nouveau vers moi. Alors que je lis l’horreur dans son regard et que je le crois près de repartir en espérant s’être trompé de salle, je lui fais un petit signe de la main. Pendant qu’il s’approche à petits pas gênés, je saisis maladroitement mon ardoise d’écolier et la craie, et j’écris en grosses lettres «C’est moi mon vieux». Il s’assied au bord du lit, me prend la main et se met à pleurer, submergé par un flot de larmes contre laquelle pudeur de notre vieille camaraderie ne peut rien. » Grâce à son infirmière et à ses compagnons d’infortune, Adrien pourra tout de même dépasser ce tragique accident et se retrouver peu à peu. On trouve dans ce livre une véritable analyse du rôle de l’apparence dans ses relations avec les autres et de la nécessité de la dépasser afin de voir ce qui est invisible pour l’œil. Est présente également la force des liens de l’amitié avec notamment l’arrivée de son meilleur ami Bonnard.

L’amitié et la guerre

Ce livre montre parfaitement le côté cruel de la guerre qui mutile, qui déchire les êtres (le narrateur part à la guerre aussitôt après sa rencontre avec Clémence), mais aussi le côté positif et en particulier les liens qui unissent les hommes qui vivent dans des conditions inhumaines en subissant une violence extrême. Dans cette adversité des liens amicaux très forts se nouent. Au-delà de la coordination entre eux qui les pousse à s’unir pour parvenir à survivre, l’amitié est une source de joie malgré les conditions de vie effarantes. C’est plus qu’un besoin, c’est une nécessité pour supporter la douleur et l’horreur vécu chaque jour ainsi que la peur. Cette amitié apparait alors indestructible puisque quelques années plus tard deux amis d’Adrien seront présents dans les grands moments de leur histoire. La vie sépare souvent les amis, mais dans ce cas, la force du lien qui s’est noué semble l’emporter sur le reste. Cette amitié entre hommes est décrite de manière très directe. On peut surtout le voir à travers le sentiment qui l’unit à trois hommes et une femme qui ont connu le même destin. L’auteur montre à quel point c’est ce lien qui permet à son grand-père de remonter la pente et de retrouver un peu de dignité dans l’adversité. Ce regard bienveillant est très important pour lui et lui permet de petit à petit se retrouver. Un cheminement intérieur long et parfaitement décrit qui contraste avec la rapidité de la guerre et de la blessure occasionnée. En effet, c’est la partie la plus courte du livre comme une détonation qui fait que l’homme se retrouve à l’hôpital très rapidement après avoir pris part au combat.

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